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Essai sur l'imaginaire du capitalisme - Jean-Joseph Goux La spéculation boursière relève dune logique paradoxale qui déconstruit les traditionnelles oppositions métaphysiques entre le virtuel et le réel, le rationnel et l'irrationnel, le prévisible et l'aléatoire, le matériel et l'immatériel, etc. C'est l'extension de cette logique boursière vouée à une radicale «frivolité», au jeu de la dérive et de laléa à l'ensemble des valeurs (éthiques et esthétiques) qui a porté le capitalisme à franchir le seuil de la post-modernité. Ce n'est pas dans les années 1960 et avec la société de consommation que ce bouleversement s'opère et que vire l'imagination du capitalisme. Le changement décisif de paradigme a eu lieu bien plus tôt, avec le développement de l'économie néoclassique. Au point de rencontre d'une morale hédoniste (qui vise l'exacerbation du désir) et de la mise en place d'une économie de marché (aboutissant à une «illimitation» des produits convoitables). Les échos et les correspondances de cet enjeu font l'objet de ce livre. A la fois dans les théories économiques (Proudhon, Walras, Pareto, Charles Gide...), dans l'imagination littéraire (Vallès, Zola, Péguy, Valéry, André Gide, Valéry Larbaud, Roussel, Bataille...) et le discours philosophique (Condillac, Sartre, Derrida, Baudrillard...). A travers l'irruption et la domination du modèle boursier des valeurs qu'il soit accepté ou critiqué à travers le jeu de la valeur et du désir, au travers des effets de la dématérialisation croissante de la monnaie et de la richesse, c'est l'imaginaire du capitalisme actuel qui s'expose et se découvre. |